Il y a des épreuves que l'on ne choisit pas de traverser, mais que l’on vit malgré tout. J'ai accompagné mon mari pendant deux ans de maladie, jusqu'à son décès, à l'âge de quarante cinq ans. J'ai porté, à ses côtés, les décisions les plus difficiles, jusqu'aux derniers instants en soins palliatifs, à l'hôpital puis à domicile. Et lorsque le deuil est arrivé, je l'ai vécu sans suivi psychologique, ni anxiolytique, mais avec un accompagnement somatopathique.
Je ne raconte pas cela pour m'y attarder, mais parce que cette expérience a profondément nourri ma pratique. Elle m'a fait comprendre, de l'intérieur, ce que beaucoup de mes patients ressentent sans toujours savoir le nommer : le deuil ne se vit pas seulement dans la tête. Il s'installe dans le corps.
Ce choix de ne pas m'orienter vers un suivi psychologique a été le mien, conscient et réfléchi, pas une absence de solution, mais une décision qui me correspondait, à ce moment précis de mon parcours. Je sais que ce chemin n'est pas celui qui convient à tout le monde, et je ne le présente pas comme un modèle à suivre. Il m'a simplement permis de découvrir, très concrètement, ce que le corps peut porter et transformer, lorsqu'on lui en laisse l'espace.
Le deuil, une épreuve qui ne reste pas seulement émotionnelle
On parle souvent du deuil comme d'un travail psychologique, traverser des étapes, mettre des mots, pleurer, se souvenir. C'est vrai et c'est nécessaire. Mais ce que l’on dit moins, c'est que le deuil s'inscrit aussi physiquement. Une fatigue qui ne passe pas. Des tensions qui s'installent, parfois sans lien apparent avec ce que l'on traverse. Un corps qui semble avoir tout encaissé, sans qu'on lui ait jamais vraiment demandé son avis.
C'est exactement le principe sur lequel repose la somatopathie : le corps garde en mémoire les chocs, les émotions et les événements marquants de la vie. Ces mémoires ne restent pas de simples souvenirs abstraits, elles peuvent s'exprimer physiquement, parfois longtemps après l'événement qui les a fait naître.
Un accompagnement qui ne demande pas de tout raconter
L'une des choses qui m'a le plus marquée dans mon propre accompagnement, c'est qu'il n'était pas nécessaire de tout dire, ni même de tout comprendre, pour que le travail se fasse. Le somatopathe travaille avant tout par le toucher et l'écoute du corps. Certaines personnes ressentent l’envie de mettre des mots sur ce qui émerge en séance, d'autres non, les deux sont respectées, à leur rythme.
Pour moi, qui avais déjà tant parlé, tant expliqué, tant décidé pendant deux ans, cette possibilité de ne pas avoir à reformuler, une fois de plus ce que je venais de vivre, a été précieuse. Le corps, lui, savait déjà. Il avait tout traversé avec moi. Il n'attendait qu'une chose : qu'on lui laisse, enfin, la possibilité de déposer ce qu'il portait.
Ce que ce chemin m'a appris, aujourd'hui, dans ma pratique
Je ne prétends pas que la somatopathie remplace un accompagnement psychologique lorsque celui-ci est nécessaire, elle est une approche complémentaire et chacun trouve à un moment donné, la forme de soutien qui lui correspond. Mais je sais, par mon propre parcours, que le corps peut être un chemin d'accès, à ce que les mots ne suffisent pas à exprimer. Et qu'il est possible d'avancer dans un deuil non pas seulement en le comprenant, mais en le laissant, aussi, se déposer physiquement.
C'est cette conviction, née d'une expérience que je n'aurais jamais souhaité vivre, qui habite aujourd'hui la façon dont j'accompagne les personnes traversant elles-mêmes une perte, un choc ou une période de transition difficile. Avec la même douceur, la même absence de jugement, et le même respect du rythme de chacun que j'ai moi-même reçus.
Si vous traversez une période de deuil ou de transition difficile, sachez qu'il n'existe pas une seule bonne façon de la vivre. Si vous ressentez le besoin d'un accompagnement, en complément ou en dehors d'un suivi psychologique, je suis là pour en parler avec vous, à votre rythme.


